Alain BOULLET

 

Biography

Born Vierzon 1935 – lives and works in Falicon, Alpes Maritimes. The imprint of the Sologne landscape, so admirably portrayed by Alain Fournier and Maurice Genevoix, is deeply embedded in Alain Boullet since his childhood, as his paintings and sculpture have so well testified for over 60 years.

Student of Fine Art from 1953 at Bourges, then at Nancy and then as a regular at the Ecole Nationale des Beaux Arts, Paris in the late 1950s, where he is taught across the board from transversal drawing through the work taught in all the other ateliers. The importance of drawing as an analytical tool and instrument of reflection he owes to his tutor in painting : Raymond Leguelt (member of the group Les peintres de la réalité poétique), sculpture : Marcel Gili (the Catalan, close associate of Maillol, Henri Laurens and Zadkine), and for mural art : Robert Wogensky (friend of Jean Lurçat and Jean Paulhan).

The scars of 24 months’war service in Algeria leave us with his poignant sketches of Algerian prisoners and his correspondence with his future wife and mother of their children.

Enthused by the formal language common to the various primitive civilisations, he is a frequent visitor to the Museum of Mankind, the Musée Guimet and the Oriental Section of the Louvre. The appeal of the universal unity found in ancient artforms draws him towards Egypt, ancient Greece and all the founding civilisations including the Etruscans, for whom the beauty of the humblest daily object is nevertheless linked to its usefulness. He is struck by the rapprochement between these objects and those of Alberto Giacometti discovered in the Musée Volterra.

His experiences as graphic designer for the group Printemps’Prisu and as Professor of Visual Communication (Ecole des Beaux Arts, Mulhouse and the Ecole Nationale d’Art Décoratif, Nice) have left him with an unwavering passion for producing livres d’artistes created with his poet friends (Françoise Ascal, Daniel Biga, Germain Coupet, Marcel Migozzi, Jean-Claude Villain’.) as well as a deep affection for painted envelopes that have marked so many years of corresponding.

Fervent practitioner of life drawing, he likes nothing more than capturing ephemeral, intimate family moments. His plein air notes, line drawings and in colour allow us to follow his peregrinations in France (Alsace, Corsica the Vendée’) and further afield (Spain, Greece, Italy, Morocco’)

His exploration of museums underpins his love for abstraction in the figurative works of Turner, Corot’s intimate small portraits, Degas’monotypes and large pastels,, Odilon Redon’s mystery and use of colour, the intimacy of Vuillard, Cézanne’s synthesis of abstraction, Balthus’s drawing skills, the ambiance created by De Chirico, but it is the graphic abstraction of Rembrandt that best represents his interest in the close relationship between signs and writing and in the importance of graphology.

If his paintings, which he describes as ‘figuration on the edge of abstraction’take the unfinished as the eye’s starting point, this is because he has always loved boundaries and placing himself at the very limit of things. Having for so long used and mastered oil paints to achieve this, the wider possibilities of acrylics liberate him from 2008 up to his most recent ’empreintes’.

If his sculpture appears to pay homage to the female form, it must nevertheless have been a quantum leap daring to and succeeding in ‘ grafting’living matter to his terra cottas! This vegetal intrusion into his sculptures brings them alive and heralds a transition towards more detailed feminine visages to which he has now devoted more than a decade’s work.

If he speaks of his sculptures as « abstract », we must grasp that it is the alchemic marriage of the earth and the fire that leads to this abstraction. Painting and sculpture are both sources of meditation made to be seen together. The one influences the other as if the painting offered a narrative background to the three-dimensional figures.

His annual visits to Sologne allow him to renew his passion for watercolours, but, principally, to bring back his essential material, the clay which he gently manipulates and leaves to dry before it transforms into terra cotta within the kiln he built into a drystone wall in his garden in a hidden valley above Nice, where, since 1973 , he enchants us setting his lady-landscapes in a universe where pictural and sculptural dimensions overlap and fuse.

He was recognised early on by Jacques Matarasso, patron of the Ecole de Nice artists, and exhibited in his bookshop/gallery from 1961, the year he was to join the Capazza Gallery in Nançay.

In 2007, the Maison des Arts at Carcès, directed by Christophe Cadu-Narquet, exhibited for the first time an ensemble uniting sculptures in dialogue with graphic and painted works in a setting inspired by that of his atelier ; retrospective in character, but not chronologically based. This was only made possible through the 30 year friendship formed between the artist and the exhibition director.

Now, in 2013, Michèle and Guy Beddington are delighted to re-unite these two friends in a two-part exhibition both at their gallery and in their sculpture gardens, further enhanced by the presence of Jean-François Fernandez’s projected and enlarged photographic images of Alain Boullet’s small-scale figurines.

 

Biographie

 Né à Vierzon, 1935 – Vit et travaille à Falicon (Alpes-Maritimes).

De cette présence de la nature  solognote si admirablement restituée par Alain Fournier et Maurice Genevoix, Alain Boullet en est imprégné depuis son enfance. Son œuvre peinte et sculptée en témoigne depuis soixante ans.

Dès 1953 il suit les cours des Beaux-Arts à Bourges & puis à Nancy. Assidu de l’École Nationale des Beaux-Arts de Paris dans la seconde moitié des années cinquante, il y reçoit un enseignement du dessin transversal à la pratique de tous les ateliers. L’importance du dessin comme outil d’analyse et instrument de réflexion, il le doit à ses professeurs de peinture, Raymond Legueult (membre du groupe les Peintres de la réalité poétique) de sculpture, Marcel Gili (le catalan proche de Maillol, Henri Laurens et Zadkine) et d’art mural, Robert Wogensky (proche de Jean Lurçat et Jean Paulhan).

Marqués par vingt-quatre mois de guerre en Algérie, demeurent des croquis poignants de prisonniers algériens et sa correspondance avec celle qui deviendra son épouse et la mère de leurs enfants.

Passionné par le langage formel commun entre les diverses civilisations premières, il fréquente méthodiquement le musée de l’Homme, le musée Guimet, ainsi que les antiquités orientales du Louvre. L’attrait de l’unité universelle dans l’art archaïque le mène vers l’Égypte, la Grèce et toutes civilisations fondatrices ⎯ dont les Étrusques ⎯ pour qui la beauté du moindre objet du quotidien est liée à son utilité. Il est marqué par la proximité entre ces pièces et celles d’Alberto Giacometti découvertes au musée de Volterra.

De ses expériences de concepteur graphiste dans le groupe Printemps-Prisu et de l’enseignement en communication visuelle (Beaux-Arts de Mulhouse & École Nationale d’Art Décoratif de Nice) reste sa passion constante pour l’édition matérialisée dans les livres d’artistes réalisés avec ses amis poètes (Françoise Ascal, Daniel Biga, Germain Coupet, Marcel Migozzi, Jean-Claude Villain…) ainsi que son affection pour les enveloppes peintes expédiées au fil de ses relations épistolaires.

Fervent pratiquant du dessin d’après modèle vivant, il n’aime rien moins que capter la fragilité des moments intenses de sa vie familiale. Les notes prises d’après nature, au trait ou en couleur, permettent de suivre ses villégiatures en France (Alsace, Corse, Vendée…) puis à l’étranger (Espagne, Grèce, Italie, Maroc…)

De ses flâneries muséales demeurent son goût pour l’abstraction dans le figuratif de Turner,  les petits portraits et la nature chez Corot, les monotypes et grands pastels de Degas, le mystère et la couleur chez Odilon Redon, la peinture intimiste de Vuillard,  la synthèse dans l’abstraction cézannienne,  les dessins de Balthus  et l’atmosphère chez De Chirico. Mais c’est l’abstraction graphique de Rembrandt qui traduit le mieux son intérêt pour la relation étroite entre signes et écriture ainsi que l’importance accordée à la graphologie.

Si sa peinture qu’il qualifie de « figuration à la limite de l’abstraction » place l’inachevé comme point de départ du regard, c’est qu’il a toujours aimé les lisières et se situer à la frontière des choses. Après avoir longtemps utilisé pour ce faire les qualités picturales de l’huile dont il est passé maître, les possibilités offertes par l’acrylique déclencheront une peinture libérée dès 2008 jusqu’aux empreintes récentes.

Si de toute évidence sa sculpture rend hommage au corps féminin, il lui faudra un choc imprévu pour oser et réussir l’exceptionnelle « greffe » du vivant sur ses terres-cuites. Cette  intrusion du végétal dans sa sculpture, soudain rendue vitale, annoncera une transition vers les détails du visage féminin auxquels il se voue depuis plus d’une décennie. Lorsqu’il dit de sa sculpture qu’elle est « abstraite » il faut comprendre que ce sont la terre et le feu dans leur mariage mystérieux qui amènent à cette abstraction. Peinture et sculpture sont deux supports méditatifs. Faits pour être vus ensemble, ils se valorisent, comme si la peinture offrait un écrin narratif aux personnages tridimensionnels.

Chaque interruption estivale en Sologne  lui permet de renouer avec sa passion pour l’aquarelle mais surtout de rapporter la matière première, cette glaise, qu’il façonne lentement en la laissant sécher puis transforme en terre cuite grâce au four inséré dans une restanque de pierres sèches. C’est pourtant installé dans un vallon au dessus de Nice depuis 1973 qu’il n’a de cesse de nous enchanter en replaçant la femme-paysage au centre d’un univers aux dimensions picturales et sculpturales intimement liées.

Très tôt remarqué par Jacques Matarasso, l’ami des artistes de l’École de Nice, il expose dans sa librairie-galerie à Nice dès 1981, date à laquelle il intègrera la galerie Capazza à Nancay.

En 2007, la Maison des Arts – Carcès présentera sous la direction de Christophe Cadu-Narquet et pour la première fois un ensemble mettant en résonance sculptures, œuvres graphiques et peintes dans une scénographie inspirée de son atelier. Cette exposition à caractère rétrospectif mais sans chronologie s’est faite grâce à la relation d’amitié nouée depuis une trentaine d’années entre l’artiste et le commissaire d’exposition.

En 2013 Michèle et Guy Beddington, séduits par ses œuvres, les présentent dans leur galerie et jardin de sculptures à Bargemon. Convaincus  que ses sculptures de taille réduite recèlent un fort potentiel émotionnel, ils en projettent les prises de vues agrandies par Jean-François Ferrandez.

 

Press release

Throughout summer 2013, Beddington Fine Art offer two concurrent exhibitions, in their gallery and in their nearby sculpture gardens, which highlight and retrace the last fifty years of Alain Boullet’s(*) extraordinary career.

From a generation of artists for whom drawing is both an analytical tool and an instrument of reflection, Alain Boullet trained extensively in Fine Art Schools and has always remained as loyal to life drawing as he is to his outdoor notes made during his travels. His appetite for abstraction in figuration stems from his visits to museums and he would be the last to hide his admiration for the universal unity that antique art exudes.

From these landscapes of the Sologne region, frequented from his childhood onwards and whose soul he has so patiently captured, form the basis of a universal leitmotif that invites us to dream. Painting from memory moments in nature at the limit of what is tangible, intimating a clearing, a stretch of water, rendering the wind caressing the foliage, Alain Boullet gives flesh to a nature outside of time, accessible to us all and which reconciles man with nature.

Having always enjoyed limits and positioning himself on the very edge of the possible, Alain Boullet establishes a principle of the incomplete. To arrive at the instant « when everything comes together precisely now » the artist gives flesh to the painting in so doing submitting us « what is most resistant to thought ».

Out of their mystical marriage, earth and fire form the elements of sculptures he likes to call « abstract ». By seizing the dimensions one would dream to give them , his personages and figurines of reduced size invite us to confront immensity. His paintings and sculptures are made to be associated and seen together and these two meditative mediums, which as well express our human nature as they do the nature of things, at once put us in presence of the world and of the universal.

* Alain Boullet was born in Vierzon in 1935. He lives and works in Falicon, above Nice.

Dossier de presse

Durant l’été 2013, pour la première fois à la Galerie et au Mas des Mûriers de Bargemon, Beddington Fine Art présente deux expositions qui retracent les cinquante dernières années du singulier parcours d’Alain Boullet.

Alain Boullet est d’une génération d’artiste pour laquelle le dessin est un outil d’analyse et un instrument de réflexion.  Formé  aux beaux-arts, il  est  toujours resté  adepte  du modèle  vivant autant que  des notes prises d’après nature au fil de ses villégiatures. Son goût pour l’abstraction dans le figuratif il le doit à ses flâneries muséales et ne fait pas non plus mystère de son attrait pour l’unité universelle que recèle l’art archaïque.

De  ces paysages solognots arpentés depuis l’enfance  qu’il a patiemment  capté sur  le  motif,  il  a élaboré un leitmotiv du paysage qui met en scène les conditions d’une attente propice à la rêverie.

Lorsqu’il peint  de mémoire des instants de nature  à la frontière du  tangible et qu’il rend sensible la clairière, donne corps au plan d’eau et fait surgir le bruissement du vent dans les frondaisons, Alain Boullet incarne une nature hors du temps, accessible à chacun et qui réconcilie l’homme avec la nature.

Parce qu’il a toujours aimé les lisières et se situer à la frontière des choses, Alain Boullet fait de l’inachevé un principe. Pour atteindre l’instant où « tout arrive précisément maintenant » le peintre donne chair à sa peinture, nous soumettant ainsi à « ce qui donne le plus à penser ».

De leur mariage mystérieux la terre et le feu produisent les matières d’une sculpture qu’il aime à dire « abstraite ». En  prenant  les dimensions que  l’on rêve de  leur donner,  ses  personnages et  figures de  taille réduite nous confrontent pourtant à l’immensité.

Sa peinture et sa sculpture sont faites pour être associées et vues ensemble. Ces deux supports méditatifs, qui parlent si bien de la nature humaine autant que de la nature des choses, nous mettent d’emblée en présence du monde et de l’universel.

*Alain Boullet est né à Vierzon en 1935. Il vit et travaille à Falicon au dessus de Nice. 

 

 

EXHIBITIONS

Brochures de l’exposition

Brochure de l’exposition

Descriptif Alain Boullet (EN)

Descriptif Alain Boullet (FR)

© Jean-François Ferrandez

© Jean-François Ferrandez

© Jean-François Ferrandez

© Jean-François Ferrandez

© Jean-François Ferrandez

© Jean-François Ferrandez

© Jean-François Ferrandez

© Jean-François Ferrandez

© Jean-François Ferrandez

© Jean-François Ferrandez